lundi 25 septembre 2006
c'est vrai qu'on s'en branle grave, mais ça vaut quand même le coup de bâton
Je n’ai pas l’habitude de fasciser en terme de goûts et musique (vous aimez le reggae vous ?) mais, s’il y a bien un chanteur de variété française que je ne peux pas encadrer, c’est Renaud.
Okay, je suis prête à admettre qu’il a écrit quelques « vraies » chansons, de façon ponctuelle et isolée. Voir une seule en fait, (je pense à Mistral Gagnant.)
Laissons de coté le fait qu’il soit communiste et qu’il ai une coiffure de merde depuis 1980, et basons nous sur de sérieux chefs d’accusation.
L’autre soir, en roulant avec mon amoureux jusqu’à chez ma pote Anlyz qui à la chance de vivre dans une belle villa isolée à Roussillon en Provence, village trois étoiles canon encastré au milieu de rochers jaunes ou une simple bouteille de jus d’orange Joker peut vous couter jusqu’à six euros, j’écoutais Rires et Chansons, m’autorisant un peu de calme puisque nous nous étions partis pour nous envoyer de la grosse techno de Detroit et de l’électro glitchée tout le week-end à coup de vinyles tantôt flambant neufs, tantôt cryptiques et poussiéreux.
Et là, c’est la catastrophe, la radio diffuse le dernier single de Renaud.
Déjà qu’on l’aime pas beaucoup, le chanteur « engagé », nous et nos idées politiques décentrées et libérales, mais là, ils nous a carrément mis de mauvaise humeur pour au moins dix minutes. La chanson en question s’intitule « Les Bobos », et elle descend de façon linéaire et monotone tout un pan de population, en l’accablant de reproches stupides. Ca ratisse tellement large que tout le monde se retrouve concerné ou presque.
Briefing :
Ils sont une nouvelle classe
Après les bourges et les prolos
Pas loin des beaufs, quoique plus classe
Vous noterez au passage la grande richesse des rîmes.
Sont un peu artistes c’est déjà ça
Mais leur passion c'est leur boulot
Dans l’informatique, les médias
Sont fier d'payer beaucoup d'impôts
[…]
Ont des enfants bien élevés,
Qui ont lu le Petit Prince à 6 ans
Qui vont dans des écoles privées
Privées de racaille, je me comprends
Attention donc, comme vous avez pu vous en apercevoir, ce n’est pas du Brassens.
Aller, encore un petit effort pour la suite :
Ils lisent Houellebecq ou Philippe Djian,les Inrocks et Télérama,
[…]
Ils aiment les restos japonais et le cinéma coréen
passent leurs vacances au Cap Ferret
La côte d'azur, franchement ça craint
Ils regardent surtout ARTE
Canal plus, c’est pour les blaireaux
[…]
Ils fréquentent beaucoup les musées,
les galeries d'art, les vieux bistrots
Mis à part une finesse d’écriture à la hauteur de celle d’une liste de course gribouillée pendant un coup de téléphone à Mémée, associée à une musicalité inexistante (je vous laisse écouter pour vous faire mal), quel est l’intérêt d’écrire un pamphlet aussi peu pertinent ? C’est vrai que c’est insupportable : tous ces pauvres types qui aiment bien leur boulot et travaillent dans le Web, inscrivent leurs gamins dans des écoles privées parce qu’ils veulent le meilleur pour eux, et se régalent de makis à la pause déjeuner. Ces gens qui profitent de l’argent qu’ils ont gagné comme bon leur semble : en allant se cultiver dans une expo comme une belle bande de connards par exemple. Hé mec, quand tu rentre du bureau, tu ne peux pas regarder Lagaff’ faire le pitre sur la une comme tout le monde au lieu d’attraper ton magazine préféré et t’avachir dans ton fauteuil club ?
Quelle est cette façon de parler des gens ? Comment peut-on se positionner en « artiste » et écrire de pareilles saloperies, des trucs aussi faciles ? Est-ce que j’ai balancé un morceau façon Yelle sur myspace pour expliquer au Monde que tu es un vieux démagogue alcoolique qui fait mine d’être proche du prolétariat en prônant la lutte contre le téléchargement et en produisant des disques de merde (ce qui va toujours aussi bien ensemble), et qui, lorsqu’il daigne bien se déplacer auprès de son cher public pour faire de la musique « live », laisse son tour manager pratiquer des tarifs exubérants ? Je pourrais ouais, moyennant une guitare, trois accords hasardeux et cinq minutes de composition, mais quand même, je préfèrerais faire de la vraie musique. Ou rien faire du tout, et puis me claquer une fondue au japonais. Avec mes potes qui lisent les Inrocks.
Okay, je suis prête à admettre qu’il a écrit quelques « vraies » chansons, de façon ponctuelle et isolée. Voir une seule en fait, (je pense à Mistral Gagnant.)
Laissons de coté le fait qu’il soit communiste et qu’il ai une coiffure de merde depuis 1980, et basons nous sur de sérieux chefs d’accusation.
L’autre soir, en roulant avec mon amoureux jusqu’à chez ma pote Anlyz qui à la chance de vivre dans une belle villa isolée à Roussillon en Provence, village trois étoiles canon encastré au milieu de rochers jaunes ou une simple bouteille de jus d’orange Joker peut vous couter jusqu’à six euros, j’écoutais Rires et Chansons, m’autorisant un peu de calme puisque nous nous étions partis pour nous envoyer de la grosse techno de Detroit et de l’électro glitchée tout le week-end à coup de vinyles tantôt flambant neufs, tantôt cryptiques et poussiéreux.
Et là, c’est la catastrophe, la radio diffuse le dernier single de Renaud.
Déjà qu’on l’aime pas beaucoup, le chanteur « engagé », nous et nos idées politiques décentrées et libérales, mais là, ils nous a carrément mis de mauvaise humeur pour au moins dix minutes. La chanson en question s’intitule « Les Bobos », et elle descend de façon linéaire et monotone tout un pan de population, en l’accablant de reproches stupides. Ca ratisse tellement large que tout le monde se retrouve concerné ou presque.
Briefing :
Ils sont une nouvelle classe
Après les bourges et les prolos
Pas loin des beaufs, quoique plus classe
Vous noterez au passage la grande richesse des rîmes.
Sont un peu artistes c’est déjà ça
Mais leur passion c'est leur boulot
Dans l’informatique, les médias
Sont fier d'payer beaucoup d'impôts
[…]
Ont des enfants bien élevés,
Qui ont lu le Petit Prince à 6 ans
Qui vont dans des écoles privées
Privées de racaille, je me comprends
Attention donc, comme vous avez pu vous en apercevoir, ce n’est pas du Brassens.
Aller, encore un petit effort pour la suite :
Ils lisent Houellebecq ou Philippe Djian,les Inrocks et Télérama,
[…]
Ils aiment les restos japonais et le cinéma coréen
passent leurs vacances au Cap Ferret
La côte d'azur, franchement ça craint
Ils regardent surtout ARTE
Canal plus, c’est pour les blaireaux
[…]
Ils fréquentent beaucoup les musées,
les galeries d'art, les vieux bistrots
Mis à part une finesse d’écriture à la hauteur de celle d’une liste de course gribouillée pendant un coup de téléphone à Mémée, associée à une musicalité inexistante (je vous laisse écouter pour vous faire mal), quel est l’intérêt d’écrire un pamphlet aussi peu pertinent ? C’est vrai que c’est insupportable : tous ces pauvres types qui aiment bien leur boulot et travaillent dans le Web, inscrivent leurs gamins dans des écoles privées parce qu’ils veulent le meilleur pour eux, et se régalent de makis à la pause déjeuner. Ces gens qui profitent de l’argent qu’ils ont gagné comme bon leur semble : en allant se cultiver dans une expo comme une belle bande de connards par exemple. Hé mec, quand tu rentre du bureau, tu ne peux pas regarder Lagaff’ faire le pitre sur la une comme tout le monde au lieu d’attraper ton magazine préféré et t’avachir dans ton fauteuil club ?
Quelle est cette façon de parler des gens ? Comment peut-on se positionner en « artiste » et écrire de pareilles saloperies, des trucs aussi faciles ? Est-ce que j’ai balancé un morceau façon Yelle sur myspace pour expliquer au Monde que tu es un vieux démagogue alcoolique qui fait mine d’être proche du prolétariat en prônant la lutte contre le téléchargement et en produisant des disques de merde (ce qui va toujours aussi bien ensemble), et qui, lorsqu’il daigne bien se déplacer auprès de son cher public pour faire de la musique « live », laisse son tour manager pratiquer des tarifs exubérants ? Je pourrais ouais, moyennant une guitare, trois accords hasardeux et cinq minutes de composition, mais quand même, je préfèrerais faire de la vraie musique. Ou rien faire du tout, et puis me claquer une fondue au japonais. Avec mes potes qui lisent les Inrocks.
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