dimanche 10 février 2008

la sorcière 1 - godzilla 0

Depuis mercredi, j'me disais "allez vas-y, y a quand même une chance sur dix pour que ça soit de la patate"

Manque de bol, nous sommes tombés sur un navet (bon, aller, mettons une carotte.)

Mr L.O.S.T, qui n’est sans doute pas un demeuré vu son poids en dollars à Hollywood, est conscient qu’un spectateur qui a tremblé pour de vrai dans son fauteuil durant l’été 1999 n’oublie pas une bombe d’exercice de style comme the Blair Witch Project en seulement dix petites années : vidéos catastrophes du 11/09 ou pas, toute la presse aura Stabilo-bossé la l’inmanquable référence. Les spectateurs ont été marqués à vie par le coté initiateur de cette œuvre, mais aussi l’art et la manière de la promouvoir dans les médias et sur Internet telle une réelle non-fiction (aux USA.)






Transposer l’aventure en plein Manhattan, version urban nightmare ; pourquoi pas ? Au delà du fantasme de réalisation franchement compréhensible (et juteux) on voit distinctement clignoter un gros panneau rouge et or : « Attention : risques aggravés de resucée piteuse ». Mais pourquoi pas ?

-> pour ceux qui lisent pour voir juste comment de je vais parler du film, c’est juste après, donc spoiler. <-

Je ne parlerais que du Monstre, puisque le raté majeur se situe là.

Alors au début on le voit pas, et c’est très bien : on ne sait pas comment il est, ça nous tiens un peu en haleine.

Monstre biologique, monstre génétique, monstre mystique, mieux encore , monstre mécanique envoyé par Ben Ladden, on ne sait pas encore, et c’est tant mieux. En plus, grâce aux multiples buildings de 95 étages qui s’éclatent avec pertes et fracas sur son passage, on se doute que ce Monstre est un putain de gros montre, du genre contre lequel n’importe qui perdrait au Jocari.

Et pour le moment, c’est vraiment tout ce qu’on a besoin de savoir.
Mais il en sera autrement, malheureusement c'est pas toi qui décide si le Monstre doit rester caché ou pas.

Sur le pont de Brooklyn, monsieur L.O.S.T. nous offre un bout de queue (du Monstre), comme ça, paf, alors que le film connait une tension notable et que le Monstre est toujours un monstre secret.

Bout de queue énorme soit-dit en passant, qui vient s’abattre de toute sa masse sur quelques centaines de personnes qui passaient justement par là pour fuir l’Apocalypse via le pont (normal donc, puisque la bonne île de Manhattan ne regorge pas de tunnels et autre galeries menant vers l’extérieur, mais là je suis chiante, pardon messieurs les scénaristes.) Et voila. Un bout de queue reptilienne de 500 tonnes, et on vient de passer de G.M.N.I (Gros Monstre Non Identifié) à E.P.D.G : Espèce de Putain de Dinosaure Géant (ça perd en anxiogènes, vous en conviendrez.)

Bon, ça reste soft comme bourde : on ne sait toujours pas la tronche qu’il a, ni rien, ça permet encore de gérer un microgramme de suspense.

Vous vous dites que ça va en rester là.

Mais non, quart d'heure et tout ça est terminé : retransmissions TV, vues plongeantes d’hélicos sur le gros Monstre, et autres frontaux directs avec le faciès de notre E.P.D.G via la caméra subjective nous coupent direct tout suspense, et nous pouvons désormais établir son signalement : il s’agit d’un monstre de type Dino, dans les tons gris violacés, enceint et crachant des bébés araignées d’environ un mètre de diamètre aux morsures mortelles. Notre Monstre a aussi une petite tête ridicule et un gros bec d’oiseau qui sert, entre autres, et on nous l’assure verbalement au tout début du film, à manger des gens (ici, clairement, la volonté du réalisateur n'est pas de nous suggérer avec horreur à l’écran ce fait dégoutant, mais plutôt de nous en informer le plus platement possible.)

Voila. Maintenant que vous savez à qui vous avez à faire au bout d’un quart d’heure de film, vous pouvez donner un petit surnom affectueux au Monstre (appelons-le "Poupoune".)

Vous n’avez plus peur et c’est normal, mais Bontempi, il va falloir vous contenter de ça pour l’heure et quart qui suit, et c’est ainsi : ni mystères, ni diableries.

A ceux qui me diront "Ouuiii, mais tout de même, les films de monstres ça ne fait jamais peur, Sabrina", je répondrais juste : Planète Interdite – 1956.

Aller stop, pour ceux qui par hasard ne connaissent pas encore, voyez comme on vous autrement fait mal pour 15 000 $ us : http://www.blairwitch.com (à ne regarder qu’en VOST uniquement … et si vous n’êtes pas seul au milieu d’un parc forestier.)

Libellés :


This page is powered by Blogger. Isn't yours?

Abonnement Messages [Atom]